A033 Pocahontas
Traduction d'un article de Berit Kjos, disponible en anglais à l'adresse :
http://www.crossroad.to/text/articles/Pocahontas.html
Indépendante d'esprit et parfaitement sûre d'elle-même, la petite héroïne de Disney Pocahontas incarne bien l'idéal féministe d'aujourd'hui. Elle cherche à réaliser ses rêves et ne se soumet à personne. Cette petite athlète intrépide escalade arbres et montagnes, et dirige son canoë mieux que ne saurait le faire un homme. Comme ces femmes qui "courent avec les loups", elle fait tout ce qu'elle veut, et elle le fait bien.
"Quel chemin prendre ?" demande-t-elle à "Grand-mère Feuillage", à ce vieil esprit sagace qui habite dans un des arbres de la forêt. "Comment le découvrir ?" "Ecoute bien, mon enfant, lui répond la conseillère surnaturelle. Tu es entourée d'esprits. Ils habitent la terre, l'eau, les airs. Si tu écoutes, ils te guideront." La jeune amérindienne en est convaincue. Comment pourrait-il en être autrement ? En effet, le conseil de Grand-mère Feuillage est bien dans la ligne de cette version de l'histoire américaine revue et corrigée par Disney. Il est dans le droit fil du "nouveau paradigme", de cette séduisante spiritualité planétaire qui fait la synthèse de toutes les religions du monde. Très peu de personnes comprennent que les enfants auxquels on a inculqué une vision panthéiste du monde continuent sans peine à utiliser la terminologie chrétienne ; mais celle-ci a pris un sens tout autre, un sens universaliste.
Les "méchants", dans ce dessin animé de Disney, ce sont les mâles de race blanche, ces rapaces venus pour exploiter la terre et dérober l'or. Même le meilleur d'entre eux, John Smith, est un idiot si on le compare à sa bien-aimée, cette jeune femme qui sait tout de la nature. Entre eux, l'échange est à sens unique : l'amérindienne n'a rien à apprendre de l'européen, mais il a tout à apprendre d'elle. Le jour où Smith, dans son inconscience, propose d'établir la civilisation anglaise en Amérique, Pocahontas se montre d'abord écoeurée. Ensuite, elle lui enseigne ce que signifie l'harmonie pour un païen. Son message ne cesse de retentir dans le cœur des enfants du monde entier, grâce à la chanson à succès : "Les couleurs du vent". Cette chanson leur enseigne que les montagnes, les arbres, et toutes choses sont remplies de vie spirituelle, que tout est un, et que toutes choses font partie d'un cycle qui se répète à l'infini.
Ce dessin animé est extrêmement convaincant. C'est un chef d'œuvre de subtilité, qui condamne la civilisation occidentale et remplit d'indignation le spectateur : comment ces marins anglais, tous des rustres complètement dépourvus de spiritualité, peuvent-ils traiter les amérindiens de "païens" ? Les vrais sauvages, ce sont ces envahisseurs qui maltraitent la terre et dépouillent les amis de la terre !
Face à eux, par contraste, les amérindiens sont des modèles irréprochables. Ils prennent soin de la terre. Ils vivent en communion avec les esprits de la terre. Ils s'aiment les uns les autres. Kekata, le chaman, leur assure la protection spirituelle et les guide. Des images fantomatiques apparaissent dans la fumée de son feu magique : elles avertissent la tribu pour qu'elle s'éloigne de ces nouveaux venus qui "parcourent la terre comme des loups voraces". Un seul d'entre eux est différent : c'est John Smith, qui a appris à voir la vie et la nature au travers des yeux de Pocahontas. Vers la fin de l'histoire, il risque sa vie pour empêcher la guerre.
A l'heure actuelle, on parle beaucoup de "l'égalité entre sexes". Dans ce dessin animé, tous les éclairages spirituels importants proviennent de femmes. C'est là le mot d'ordre du "pluriculturalisme" : le patriarcat engendre la guerre, et le matriarcat engendre la sagesse et la paix, surtout si les héroïnes ne sont pas issues de l'Occident. Qu'importe si cette sagesse matriarcale émane d'êtres humains, d'esprits ancestraux, ou d'esprits de la nature. Lorsque le chef Powhatan se sent conduit par la voix de feu la mère de Pocahontas, il se conforme à sa sublime sagesse : "Qu'on cesse de tuer. Laissons-nous conduire, au contraire, vers le lieu de la paix".
La version authentique de l'histoire de Pocahontas démolirait complètement ce dessin animé si "politiquement correct". L'histoire nous parle d'une fillette qui devait avoir entre dix et quatorze ans, et qui a rendu service aux colons de Jamestown. Par la suite, ces colons lui ont parlé de leur foi chrétienne. Il semble que Pocahontas ait accepté Christ, car elle a été baptisée. Elle a épousé le colon John Rolfe, et le jeune couple s'est rendu en Angleterre. Là, selon l'Encyclopedia Britannica, Pocahontas a été reçue à la cour. Lors du retour en Amérique, la courageuse jeune femme avait vingt-deux ans. Elle a succombé à la variole pendant la traversée, avant de revoir son pays.
Pocahontas était issue du peuple algonquin. Ce peuple était en guerre bien avant l'arrivée des colons anglais en 1607. Le Professeur Clark Wissler, un anthropologue dont les travaux sur les amérindiens font autorité dans le monde entier, relate l'invasion du territoire algonquin par les guerriers iroquois. Tout comme les autres peuples que l'histoire nous fait connaître, ces amérindiens faisaient la conquête de nouveaux territoires. "Les algonquins, écrit Wissler, n'ont pas seulement fait la guerre aux iroquois ; il y a également eu des guerres entre algonquins. On comptait une centaine de tribus algonquines … Pour se venger d'offenses passées, quelques membres d'une tribu s'approchaient en catimini du campement d'une tribu hostile. Ils s'emparaient de quelques scalps, puis ils filaient… A celui qui s'était montré le plus audacieux et le plus impitoyable au cours du raid, on accordait le plus d'honneurs…" (Clark Wissler, "Indians of the United States", Anchor Books, New York, 1940, pp.70-71).
Les Amérindiens n'ont certes pas le monopole de la brutalité. C'est un trait caractéristique de toutes les cultures inspirées par les puissances occultes : les scandinaves, les aztèques, les babyloniens, les nazis…
Disney a complètement tordu les faits historiques : n'oublions pas que c'est Pocahontas qui est passée au christianisme, ce n'est pas John Smith qui est passé à la religion amérindienne ! Mais, se disent plusieurs, à quoi bon respecter les réalités historiques ? Après tout, il s'agit d'un dessin animé de Disney !
Le journaliste Thomas Sowell, professeur à l'Institut Hoover à l'Université de Stanford, donne une réponse instructive : "Les programmes scolaires ou universitaires, le cinéma, l'exposition de tableaux… toutes ces choses sont autant de champs de bataille idéologiques. Au sein de la plupart des institutions, un seul côté milite ; voilà pourquoi il l'emporte. Fouler aux pieds les faits historiques, ce n'est pas un problème pour ceux qui veulent être "politiquement corrects"… Quand on peut prouver qu'ils ont déformé les faits, quand on fournit cette preuve noir sur blanc, cela ne leur fait rien du tout, parce que pour eux, tout débat public devient une occasion de "conscientiser les masses". (Thomas Sowell, "The Right to Infiltrate", Forbes, Mars 1995, p. 74.)
Pour déraciner de la conscience américaine la vision du monde judéo-chrétienne, et la remplacer par une vision planétaire où tout s'articule autour de la terre et de la nature, Disney et d'autres "techniciens de la pensée humaine" ont crée de nouveaux modèles pour la jeunesse, des héros qui n'exigent pas qu'on reste attaché à la réalité. Ils le savent bien : pour changer les mentalités, les arguments rationnels sont peu efficaces ; ce qui a beaucoup d'efficacité, en revanche, c'est un flot ininterrompu d'idées et d'impressions. Personne ne dépenserait de sommes astronomiques pour faire passer des spots télévisés sur le petit écran si cela ne faisait pas vendre le produit ! Les faits objectifs ne comptent pas : ce qui compte, c'est le sentiment de satisfaction qu'on procure au spectateur, c'est la subjectivité du consommateur.
Le dessin animé "Pocahontas" est rempli de paysages spectaculaires, d'animaux ravissants, et de sentiments nobles et délectables : il est donc bien difficile de résister à cette séduction raffinée. Après l'avoir vu, les gens viennent nous demander : "Mais pourquoi ne ferions-nous pas tous partie de la même famille ? Pourquoi ne pas être tous un ? Ce n'est quand même pas mal d'aimer et de respecter toutes les religions ! Il y a tellement de bonnes choses dans ce dessin animé ! Pourquoi s'arrêter à ce qui est mauvais ?"
Les séductions les plus dangereuses se dissimulent derrière de "bonnes" choses. Ce dessin animé fait ouvertement l'apologie du spiritisme. Dieu appelle cette pratique "une abomination". Le chrétien fidèle à la Bible dira-t-il que c'est une question anodine et secondaire ? Renoncera-t-il à appeler à la repentance ceux qui se livrent à ce péché ? Ce film célèbre le culte de la nature et des éléments du monde : l'idolâtrie cesse-t-elle d'être abominable lorsqu'elle est présentée de manière charmante ? Dieu appelle les siens à être dans le monde sans être du monde ; à être des missionnaires, et non un champ de mission. Il nous appelle à partager Son amour, sans accepter de compromis quant à Sa vérité. Son amour montre le chemin vers Christ, mais n'accepte pas les accommodements qui réduiraient le message de Dieu à celui du monde.
Le cœur de l'Evangile, c'est Christ mourant sur la croix pour nous purifier et nous libérer de notre péché. La religion amérindienne, elle, promet l'accès inconditionnel au bonheur céleste. Déclarer acceptable cet enseignement-là sous prétexte "d'ouverture aux autres cultures" ce serait accepter un poison spirituel mortel. Une spiritualité qui fait l'économie de la Croix mène à la déception dans la vie présente, et à la séparation d'avec Dieu dans la vie éternelle. Oui, le message de la Croix est "politiquement incorrect". Il dérange. Mais il ne peut pas être question, pour nous, de changer la réalité pour nous aligner sur des croyances populaires ; or c'est précisément ce que fait le dessin animé "Pocahontas".
Ne nous décourageons pas. Jésus n'a-t-il pas dit : "Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux." (Matthieu 5:11-12).
Parents chrétiens, avant de montrer un film ou un dessin animé à vos enfants, demandez au Seigneur si vos enfants vont se faire du bien en regardant ces choses, ou s'ils vont être influencés par un autre esprit, un esprit méchant.