| | Louis Segond | Abbé Crampon |
| 1 | Nebucadnetsar, roi, à tous les peuples, aux nations, aux hommes de toutes langues, qui habitent sur toute la terre. Que la paix vous soit donnée avec abondance ! | Alors le roi fit prospérer Sidrac, Misac et Abdénago, dans la province de Babylone. |
| 2 | Il m'a semblé bon de faire connaître les signes et les prodiges que le Dieu suprême a opérés à mon égard. | "Le roi Nabuchodonosor à tous les peuples, nations et langues qui habitent sur toute la terre : la paix vous soit donnée en abondance! |
| 3 | Que ses signes sont grands ! que ses prodiges sont puissants ! Son règne est un règne éternel, et sa domination subsiste de génération en génération. | Il m'a paru bon de faire connaître les signes et les prodiges que le Dieu Très-Haut a opérés envers moi. |
| 4 | Moi, Nebucadnetsar, je vivais tranquille dans ma maison, et heureux dans mon palais. | Que ses signes sont grands et que ses prodiges sont puissants ! son règne est un règne éternel et sa domination subsiste d'âge en âge. |
| 5 | J'ai eu un songe qui m'a effrayé ; les pensées dont j'étais poursuivi sur ma couche et les visions de mon esprit me remplissaient d'épouvante. | Moi, Nabuchodonosor, j'étais tranquille dans ma maison et florissant dans mon palais. |
| 6 | J'ordonnai qu'on fît venir devant moi tous les sages de Babylone, afin qu'ils me donnassent l'explication du songe. | Je vis un songe qui m'épouvanta, et mes pensées sur ma couche et les visions de mon esprit me troublèrent. |
| 7 | Alors vinrent les magiciens, les astrologues, les Chaldéens et les devins. Je leur dis le songe, et ils ne m'en donnèrent point l'explication. | Je publiai un décret pour qu'on fit venir devant moi tous les sages de Babylone, pour me faire savoir la signification du songe. |
| 8 | En dernier lieu, se présenta devant moi Daniel, nommé Beltschatsar d'après le nom de mon dieu, et qui a en lui l'esprit des dieux saints. Je lui dis le songe : | Alors vinrent les lettrés, les magiciens, les Chaldéens et les astrologues; je dis le songe devant eux, mais ils ne m'en firent pas savoir la signification. |
| 9 | Beltschatsar, chef des magiciens, qui as en toi, je le sais, l'esprit des dieux saints, et pour qui aucun secret n'est difficile, donne-moi l'explication des visions que j'ai eues en songe. | Enfin se présenta devant moi Daniel, dont le nom est Baltassar, d'après le nom de mon dieu, et qui a en lui l'esprit des dieux saints, et je dis le songe devant lui : |
| 10 | Voici les visions de mon esprit, pendant que j'étais sur ma couche. Je regardais, et voici, il y avait au milieu de la terre un arbre d'une grande hauteur. | "Baltassar, chef des lettrés, comme je sais que l'esprit des dieux saints est en toi et qu'aucun mystère ne t'embarrasse, expose-moi les visions que j'ai vues en songe, et leur signification. |
| 11 | Cet arbre était devenu grand et fort, sa cime s'élevait jusqu'aux cieux, et on le voyait des extrémités de toute la terre. | Voici quelles étaient les visions de mon esprit sur ma couche : Je vis, et voici au milieu de la terre un arbre dont la hauteur était grande. |
| 12 | Son feuillage était beau, et ses fruits abondants ; il portait de la nourriture pour tous ; les bêtes des champs s'abritaient sous son ombre, les oiseaux du ciel faisaient leur demeure parmi ses branches, et tout être vivant tirait de lui sa nourriture. | L'arbre grandit et devint fort ; sa cime atteignait le ciel, et on le voyait des extrémités de toute la terre. |
| 13 | Dans les visions de mon esprit, que j'avais sur ma couche, je regardais, et voici, un de ceux qui veillent et qui sont saints descendit des cieux. | Son feuillage était beau et ses fruits abondants, et il y avait sur lui de la nourriture pour tous ; sous son ombre les bêtes des champs s'abritaient, dans ses branches demeuraient les oiseaux du ciel, et de lui toute chair se nourrissait. |
| 14 | Il cria avec force et parla ainsi : Abattez l'arbre, et coupez ses branches ; secouez le feuillage, et dispersez les fruits ; que les bêtes fuient de dessous, et les oiseaux du milieu de ses branches ! | Je contemplai ces visions de mon esprit sur ma couche, et voici qu'un veillant, un saint, descendait du ciel. |
| 15 | Mais laissez en terre le tronc où se trouvent les racines, et liez-le avec des chaînes de fer et d'airain, parmi l'herbe des champs. Qu'il soit trempé de la rosée du ciel, et qu'il ait, comme les bêtes, l'herbe de la terre pour partage. | Il cria avec force et parla ainsi : Abattez l'arbre et coupez ses branches; secouez son feuillage et dispersez ses fruits ; que les animaux s'enfuient de dessous lui, et que les oiseaux quittent ses branches. |
| 16 | Son coeur d'homme lui sera ôté, et un coeur de bête lui sera donné ; et sept temps passeront sur lui. | Toutefois laissez en terre la souche de ses racines, mais dans des chaînes de fer et d'airain, au milieu du gazon des champs. Qu'il soit trempé de la rosée du ciel et qu'il partage avec les animaux l'herbe de la terre. |
| 17 | Cette sentence est un décret de ceux qui veillent, cette résolution est un ordre des saints, afin que les vivants sachent que le Très Haut domine sur le règne des hommes, qu'il le donne à qui il lui plaît, et qu'il y élève le plus vil des hommes. | Que soir coeur ne soit plus un coeur d'homme, et qu'un coeur de bête lui soit donné, et que sept temps passent sur lui. |
| 18 | Voilà le songe que j'ai eu, moi, le roi Nebucadnetsar. Toi, Beltschatsar, donnes-en l'explication, puisque tous les sages de mon royaume ne peuvent me la donner ; toi, tu le peux, car tu as en toi l'esprit des dieux saints. | Cette sentence repose sur un décret des veillants, et cette affaire est un ordre des saints, afin que les vivants sachent que le Très-Haut domine sur la royauté humaine, qu'il la donne à qui il veut, et qu'il y élève le plus humble des hommes. |
| 19 | Alors Daniel, nommé Beltschatsar, fut un moment stupéfait, et ses pensées le troublaient. Le roi reprit et dit : Beltschatsar, que le songe et l'explication ne te troublent pas ! Et Beltschatsar répondit : Mon seigneur, que le songe soit pour tes ennemis, et son explication pour tes adversaires ! | Tel est le songe que j'ai vu, moi, le roi Nabuchodonosor ; et toi, Baltassar, dis-en la signification, car tous les sages de mon royaume ne peuvent m'en faire savoir la signification ; mais toi, tu le peux, car l'esprit des dieux saints est en toi. ! |
| 20 | L'arbre que tu as vu, qui était devenu grand et fort, dont la cime s'élevait jusqu'aux cieux, et qu'on voyait de tous les points de la terre ; | Alors Daniel, dont le nom est Baltassar, demeura quelque temps interdit, et ses pensées le troublaient. Le roi reprit et dit : "Que le songe et sa signification ne te troublent point ! "Baltassar répondit en disant : "Mon seigneur, que le songe soit pour tes ennemis, et sa signification pour tes adversaires. |
| 21 | cet arbre, dont le feuillage était beau et les fruits abondants, qui portait de la nourriture pour tous, sous lequel s'abritaient les bêtes des champs, et parmi les branches duquel les oiseaux du ciel faisaient leur demeure, | L'arbre que tu as vu, qui grandit et devint fort, dont la cime atteignait au ciel et qu'on voyait de toute la terre ; |
| 22 | c'est toi, ô roi, qui es devenu grand et fort, dont la grandeur s'est accrue et s'est élevée jusqu'aux cieux, et dont la domination s'étend jusqu'aux extrémités de la terre. | dont le feuillage était beau et les fruits abondants; où il y avait de la nourriture pour tous ; sous lequel s'abritaient les animaux des champs, et dans les branches duquel demeuraient les oiseaux du ciel, |
| 23 | Le roi a vu l'un de ceux qui veillent et qui sont saints descendre des cieux et dire : Abattez l'arbre, et détruisez-le ; mais laissez en terre le tronc où se trouvent les racines, et liez-le avec des chaînes de fer et d'airain, parmi l'herbe des champs ; qu'il soit trempé de la rosée du ciel, et que son partage soit avec les bêtes des champs, jusqu'à ce que sept temps soient passés sur lui. | cet arbre, c'est toi, ô roi, qui es devenu grand et fort, dont la grandeur s'est accrue et a atteint au ciel, et dont la domination s'étend jusqu'aux extrémités de la terre. |
| 24 | Voici l'explication, ô roi, voici le décret du Très Haut, qui s'accomplira sur mon seigneur le roi. | Si le roi a vu un veillant, lui saint, descendant du ciel et disant : Abattez l'arbre et détruisez-le ; toutefois laissez en terre la souche de ses racines, mais dans des chaînes de fer et d'airain, au milieu du gazon des champs ; qu'il soit trempé de la rosée du ciel, et qu'il fasse sa part avec les animaux des champs, jusqu'à ce que sept temps aient passé sur lui : en voici la signification, ô roi ! |
| 25 | On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta demeure avec les bêtes des champs, et l'on te donnera comme aux boeufs de l'herbe à manger ; tu seras trempé de la rosée du ciel, et sept temps passeront sur toi, jusqu'à ce que tu saches que le Très Haut domine sur le règne des hommes et qu'il le donne à qui il lui plaît. | C'est un décret du Très-Haut qui s'accomplira sur mon seigneur le roi : |
| 26 | L'ordre de laisser le tronc où se trouvent les racines de l'arbre signifie que ton royaume te restera quand tu reconnaîtras que celui qui domine est dans les cieux. | On te chassera du milieu des hommes, et ta demeure sera parmi les animaux des champs ; on te donnera, comme aux boeufs, de l'herbe à manger et on te laissera tremper par la rosée du ciel, et sept temps passeront sur toi, jusqu'à ce que tu saches que le Très-Haut domine sur la royauté des hommes et qu'il la donne à qui il lui plaît. |
| 27 | C'est pourquoi, ô roi, puisse mon conseil te plaire ! mets un terme à tes péchés en pratiquant la justice, et à tes iniquités en usant de compassion envers les malheureux, et ton bonheur pourra se prolonger. | Et si on a ordonné de laisser la souche des racines de l'arbre, c'est que ta royauté te sera rendue quand tu auras reconnu que le ciel a la domination. |
| 28 | Toutes ces choses se sont accomplies sur le roi Nebucadnetsar. | C'est pourquoi, ô roi, que mon conseil soit agréé devant toi : rachète tes péchés par la justice et tes iniquités par la miséricorde envers les malheureux, si ta prospérité doit se prolonger encore." |
| 29 | Au bout de douze mois, comme il se promenait dans le palais royal à Babylone, | Toutes ces choses arrivèrent au roi Nabuchodonosor. |
| 30 | le roi prit la parole et dit : N'est-ce pas ici Babylone la grande, que j'ai bâtie, comme résidence royale, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ? | Au bout de douze mois, comme il se promenait sur les terrasses du palais royal de Babylone, |
| 31 | La parole était encore dans la bouche du roi, qu'une voix descendit du ciel : Apprends, roi Nebucadnetsar, qu'on va t'enlever le royaume. | le roi prit la parole et dit : "N'est-ce pas la Babylone la grande, que j'ai bâtie comme résidence royale par la puissance de ma force et pour la gloire de ma majesté." |
| 32 | On te chassera du milieu des hommes, tu auras ta demeure avec les bêtes des champs, on te donnera comme aux boeufs de l'herbe à manger ; et sept temps passeront sur toi, jusqu'à ce que tu saches que le Très Haut domine sur le règne des hommes et qu'il le donne à qui il lui plaît. | La parole était encore dans la bouche du roi, qu'une voix descendit du ciel : "On te fait savoir, roi Nabuchodonosor, que ta royauté a passé loin de toi. |
| 33 | Au même instant la parole s'accomplit sur Nebucadnetsar. Il fut chassé du milieu des hommes, il mangea de l'herbe comme les boeufs, son corps fut trempé de la rosée du ciel ; jusqu'à ce que ses cheveux crussent comme les plumes des aigles, et ses ongles comme ceux des oiseaux. | On te chassera du milieu des hommes, et ta demeure sera avec les animaux des champs; on te donnera, comme aux boeufs, de l'herbe a manger, et sept temps passeront sur loi, jusqu'à ce que tu saches que le Très-Haut domine sur la royauté des hommes, et qu'il la donne à qui il lui plaît." |
| 34 | Après le temps marqué, moi, Nebucadnetsar, je levai les yeux vers le ciel, et la raison me revint. J'ai béni le Très Haut, j'ai loué et glorifié celui qui vit éternellement, celui dont la domination est une domination éternelle, et dont le règne subsiste de génération en génération. | Au même moment, la parole s'accomplit sur Nabuchodonosor; il fut chassé du milieu des hommes; il mangea de l'herbe comme les boeufs, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu'à ce que ses cheveux crussent comme les plumes des aigles, et ses ongles comme ceux des oiseaux. |
| 35 | Tous les habitants de la terre ne sont à ses yeux que néant : il agit comme il lui plaît avec l'armée des cieux et avec les habitants de la terre, et il n'y a personne qui résiste à sa main et qui lui dise : Que fais-tu ? | Mais, à la fin des jours, moi, Nabuchodonosor, je levai les yeux vers le ciel, et ma raison me revint. Je bénis le Très-Haut, et je louai et glorifiai Celui qui vit éternellement dont la domination est une domination éternelle, et dont le règne subsiste de génération en génération. |
| 36 | En ce temps, la raison me revint ; la gloire de mon royaume, ma magnificence et ma splendeur me furent rendues ; mes conseillers et mes grands me redemandèrent ; je fus rétabli dans mon royaume, et ma puissance ne fit que s'accroître. | Tous les habitants de la terre ne comptent pour rien devant lui; il agit comme il lui plaît avec l'armée des cieux et avec les habitants de la terre, et il n'y a personne pour lui frapper sur la main et lui dire : "Que faites-vous ?" |
| 37 | Maintenant, moi, Nebucadnetsar, je loue, j'exalte et je glorifie le roi des cieux, dont toutes les oeuvres sont vraies et les voies justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil. | Dans le même temps, ma raison me revint et, pour la gloire de ma royauté, ma majesté et ma splendeur me revinrent ; mes conseillers et mes grands me rappelèrent, je fus rétabli dans ma royauté, et ma puissance s'accrut encore. |