| | Louis Segond | David Martin | Abbé Crampon |
| 1 | J'entre dans mon jardin, ma soeur, ma fiancée ; Je cueille ma myrrhe avec mes aromates, Je mange mon rayon de miel avec mon miel, Je bois mon vin avec mon lait... -Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d'amour ! - | Je suis venu dans mon jardin, ma soeur, mon épouse; j'ai cueilli ma myrrhe, avec mes drogues aromatiques; j'ai mangé mes rayons de miel, et mon miel; j'ai bu mon vin et mon lait; Mes amis, mangez, buvez; faites bonne chère, mes bien- aimés. | Je suis entré dans mon jardin, ma soeur fiancée, j'ai cueilli ma myrrhe avec mon baume ; j'ai mangé mon rayon avec mon miel, j'ai bu mon vin avec mon lait ! Mangez, amis, buvez, enivrez-vous, mes bien-aimés. |
| 2 | J'étais endormie, mais mon coeur veillait... C'est la voix de mon bien-aimé, qui frappe : -Ouvre-moi, ma soeur, mon amie, Ma colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée, Mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit. - | J'étais endormie, mais mon coeur veillait; et voici la voix de mon bien-aimé qui heurtait, en disant: Ouvre-moi, ma soeur, ma grande amie, ma colombe, ma parfaite; car ma tête est pleine de rosée; et mes cheveux de l'humidité de la nuit. | Je dors mais mon coeur veille. C'est la,voix de mon bien-aimé ! Il frappe : Ouvre-moi, ma soeur, mon amie, ma colombe, mon immaculée ; car ma tête est couverte de rosée; les boucles de mes cheveux sont trempées des gouttes de la nuit. |
| 3 | J'ai ôté ma tunique ; comment la remettrais-je ? J'ai lavé mes pieds ; comment les salirais-je ? | J'ai dépouillé ma robe, lui dis-je, comment la revêtirais-je? J'ai lavé mes pieds, comment les souillerais-je? | J'ai ôté ma tunique, comment la remettre ? J'ai lavé mes pieds, comment les salirais-je ? |
| 4 | Mon bien-aimé a passé la main par la fenêtre, Et mes entrailles se sont émues pour lui. | Mon bien-aimé a avancé sa main par le trou de la porte, et mes entrailles ont été émues à cause de lui. | Mon bien-aimé a passé la main par le trou de la serrure, et mes entrailles se sont émues sur lui. |
| 5 | Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé ; Et de mes mains a dégoutté la myrrhe, De mes doigts, la myrrhe répandue Sur la poignée du verrou. | Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, et la myrrhe a distillé de mes mains, et la myrrhe franche de mes doigts, sur les garnitures du verrou. | Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, et de mes mains a dégoutté la myrrhe, de mes doigts la myrrhe exquise, sur la poignée du verrou. |
| 6 | J'ai ouvert à mon bien-aimé ; Mais mon bien-aimé s'en était allé, il avait disparu. J'étais hors de moi, quand il me parlait. Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé ; Je l'ai appelé, et il ne m'a point répondu. | J'ai ouvert à mon bien-aimé, mais mon bien-aimé s'était retiré, il avait passé; mon âme se pâma de l'avoir ouï parler; je le cherchai, mais je ne le trouvai point; je l'appelai, mais il ne me répondit point. | J'ouvre à mon bien-aimé ; mais mon bien-aimé avait disparu, il avait fui. J'étais hors de moi quand il me parlait. Je l'ai cherché, et ne l'ai pas trouvé ; je l'ai appelé, il ne m'a pas répondu. Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville ; ils m'ont frappée, ils m'ont meurtrie ; |
| 7 | Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée ; Ils m'ont frappée, ils m'ont blessée ; Ils m'ont enlevé mon voile, les gardes des murs. | Le guet qui faisait la ronde par la ville me trouva, ils me battirent, ils me blessèrent; les gardes des murailles m'ôtèrent mon voile de dessus moi. | Ils m'ont enlevé mon manteau, ceux qui gardent la muraille. |
| 8 | Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Si vous trouvez mon bien-aimé, Que lui direz-vous ?... Que je suis malade d'amour. - | Filles de Jérusalem, je vous adjure, si vous trouvez mon bien-aimé, que vous lui rapportiez; et quoi? Que je me pâme d'amour. | Je vous en conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon bien-aimé, que lui direz-vous ? Que je suis malade d'amour! |
| 9 | Qu'a ton bien-aimé de plus qu'un autre, O la plus belle des femmes ? Qu'a ton bien-aimé de plus qu'un autre, Pour que tu nous conjures ainsi ? - | Qu'est-ce de ton bien-aimé plus que d'un autre, ô la plus belle d'entre les femmes? Qu'est-ce de ton bien-aimé plus que d'un autre, que tu nous aies ainsi conjurées? | Qu'a donc ton bien-aimé de plus qu'un autre bien-aimé, ô la plus belle des femmes ? Qu'a donc ton bien-aimé de plus qu'un autre bien-aimé, pour que tu nous conjures de la sorte ? |
| 10 | Mon bien-aimé est blanc et vermeil ; Il se distingue entre dix mille. | Mon bien-aimé est blanc et vermeil, un porte-enseigne choisi entre dix mille. | Mon bien-aimé est frais et vermeil ; il se distingue entre dix mille. |
| 11 | Sa tête est de l'or pur ; Ses boucles sont flottantes, Noires comme le corbeau. | Sa tête est un or très-fin; ses cheveux sont crépus, noirs comme un corbeau. | Sa tête est de l'or pur, ses boucles de cheveux, flexibles comme des palmes, sont noires comme le corbeau. |
| 12 | Ses yeux sont comme des colombes au bord des ruisseaux, Se baignant dans le lait, Reposant au sein de l'abondance. | Ses yeux sont comme ceux des colombes sur les ruisseaux des eaux courantes, lavés dans du lait, et comme enchâssés dans des chatons d'anneau. | Ses yeux sont comme des colombes au bord des ruisseaux, se baignant dans le lait, posées sur les rives. |
| 13 | Ses joues sont comme un parterre d'aromates, Une couche de plantes odorantes ; Ses lèvres sont des lis, D'où découle la myrrhe. | Ses joues sont comme un carreau de drogues aromatiques, et comme des fleurs parfumées, ses lèvres sont comme du muguet; elles distillent la myrrhe franche. | Ses joues sont comme des parterres de baumiers, des carrés de plantes odorantes ; ses lèvres sont des lis, d'où découle la myrrhe la plus pure. |
| 14 | Ses mains sont des anneaux d'or, Garnis de chrysolithes ; Son corps est de l'ivoire poli, Couvert de saphirs ; | Ses mains sont comme des anneaux d'or, où il y a des chrysolithes enchâssées; son ventre est comme d'un ivoire bien poli, couvert de saphirs. | Ses mains sont des cylindres d'or, émaillés de pierres de Tharsis ; son sein est un chef-d'oeuvre d'ivoire, couvert de saphirs. |
| 15 | Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc, Posées sur des bases d'or pur. Son aspect est comme le Liban, Distingué comme les cèdres. | Ses jambes sont comme des piliers de marbre, fondés sur des soubassements de fin or; son port est comme le Liban; il est exquis comme les cèdres. | Ses jambes sont des colonnes d'albâtre, posées sur des bases d'or pur. Son aspect est celui du Liban, élégant comme le cèdre. |
| 16 | Son palais n'est que douceur, Et toute sa personne est pleine de charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, Filles de Jérusalem ! - | Son palais n'est que douceur; tout ce qui est en lui est aimable. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, filles de Jérusalem. | Son palais n'est que douceur, et toute sa personne n'est que charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, filles de Jérusalem. |